LES MILLÉSIMES À TRAVERS NOS VINS

MILLESIME 2018 : « L’improbable »

A l’issue d’un hiver humide et juste frais, le printemps fut pluvieux comme rarement.

Pas de gelées cette année (le pire fut redouté dans la nuit du 30 avril où nous étions dans les vignes à 4 heures du matin pour démarrer des feux si nécessaire).

Les sols gorgés d’eau n’en pouvaient plus et entrer dans ses vignes en tracteur était un casse-tête.

Mai a connu des orages quasiment tous les jours et le record du nombre d’éclairs qui datait de 2000 a été battu. Heureusement sans grêle.

Le beau temps, guetté par tous, est arrivé le 13 juin et ne nous a plus quitté jusqu’à la fin des vendanges.

Fin mai, chacun se demandait comment sauver la récolte sous l’eau et la pression des maladies.

Et mi-août, les mêmes espéraient la pluie.

Car les vignes souffraient du sec. Le sol craquelé, les raisins séchant sur pieds et les feuilles commençant à jaunir ne laissaient plus beaucoup d’espoir sur la belle récolte tant espérée.

Surprise ! Des rendements normaux. Suffisants pour remplir les caves mais raisonnables pour obtenir une grande qualité. Que du bonheur…

Nous avons coupé nos premiers raisins le 27 août (Beaune « La Blanchisserie »). Par une chaleur…

Et tout s’est enchaîné, sous un ciel de rêve. Les caves se remplissaient de purs joyaux et une ambiance formidable régnait dans notre équipe.

L’état sanitaire absolument parfait et la maturité régulière de chaque grappe ont immédiatement situé le niveau. Le moral était au beau fixe.

Les blancs seront superbes. Aussi parfaits qu’en 2017 ? Espérons-le. Mais, au minimum, ils seront magnifiques par leur opulence, leur netteté et leur côté gourmand.

Quant aux rouges, précédés par 2015, 2016 et 2017 qui, pourtant, impressionnent, ils vont nous laisser bouche-bée.

Beaucoup de vieux vignerons reconnaissent n’avoir vu cela qu’une fois maximum dans leur vie. Pour peu que les rendements aient été faibles, ce sont des « bombes » qui rempliront les caves. Couleur, texture, parfums, longueur… Ils ont tout.

Eh oui, après une année si compliquée, un tel millésime était véritablement… Improbable !

2017

Les blancs frôlent la perfection. Elégance, raffinement, finesse… Ils ont tout pour eux.

Les rouges sont à deux vitesses. Petits rendements = grande qualité. Charge importante… Passez votre route et regardez vers 2016.

2016

Des blancs d’une grande pureté, parfois stricts. Ce qui laisse augurer d’un bon vieillissement. Ils sont concentrés, rares (en raison du gel dévastateur) et d’une grande fraîcheur.

Les rouges sont… Noirs. D’une grande puissance aromatique, ils sont riches et d’un magnifique potentiel.

2015

Un modèle de pureté, de richesse et de race dans les rouges. Un millésime rare au magnifique potentiel de vieillissement.

Des blancs généreux, parfumés et voluptueux. Ils vieilliront bien également (10 ans au moins)

2014

Les rouges sont colorés et fruités. Nos vins sont moins acides que la moyenne. Ils sont promis à une belle garde.

Les blancs sont de grande classe. Un millésime typiquement Bourguignon (minéral et frais). Ils vieilliront certainement très bien.

2013

Les rouges sont très agréables mais moins denses que les 2014. Un millésime dans la bonne moyenne.

Les blancs sont intéressants. Du fruit, de la rondeur. De quoi prendre beaucoup de plaisir.

2012

Les rendements furent catastrophiquement bas (-30 à -80 % d’une récolte normale).

Les rouges sont très riches avec un beau fruit et beaucoup de velouté. Un millésime armé pour vieillir. Les blancs sont somptueux de classe, de pureté et de qualité de fruit. Un millésime qui marquera les esprits.

2011

Un millésime classique ou les bons vins peuvent être excellent mais il faut « trier ».

Les rouges sont plutôt faciles (ce n’est pas un défaut). Ils commencent à être très agréables. Les blancs sont très plaisants. Un millésime qui ne restera pas dans les annales mais qui ne décevra pas.

2010

La grande classe en blanc comme en rouge.

Dans les deux couleurs, les vins ont une « tension » toute Bourguignonne. Ils sont très purs, aériens et ne craindront pas d’être oubliés pendant des années. A classer dans les grandes années.

2009

Le plaisir par excellence.

Malgré les rendements élevés, les vins, issus de raisins très mûrs, sont généreux, opulents et adaptés à tous les palais. La gourmandise est un qualificatif qui leur va bien.

2008

L’acidité des rouges et leur dureté a rendu les vins « douloureux » à boire dans les premières années. On commence à se faire plaisir.

Pour les blancs, c’est tout l’inverse. Malgré la fermeté de leur jeunesse, les vins étaient déjà savoureux. Aujourd’hui, ils sont… resplendissants.

2007

Il y en a qui aiment. Moi pas !

A part quelques exceptions, c’est un millésime « flotteux », pas mûr et sans caractère.

2006

Les rouges croulaient sous la pourriture. Mais après un bon tri, les vins sont aujourd’hui très agréables à boire. Bien que sans génie, le plaisir est garanti.

Pour les blancs, c’est un millésime que j’aime beaucoup. Il a été annoncé « lourd » mais le temps a fait son œuvre. On se régale en ce moment.