LES MILLÉSIMES À TRAVERS NOS VINS

Le magnifique temps de septembre 2018 s’est poursuivi jusqu’au 28 octobre. Atteignant un niveau de sècheresse absolument incroyable. Dramatique, même, pour l’agriculture.

Après un début novembre humide (14/15° la journée), le froid s’est installé. Par intermittence.

C’est donc un hiver plutôt doux qui est passé. Sans grands arrosages.
Le printemps fut plutôt humide et frais.

Malheureusement, les sols n’ont pas reconstitué leurs réserves d’eau et ils nous le feront « payer » très cher en nous privant de 15 à 20 % de la récolte espérée.

Le gel ne fut pas en reste et sévit fortement les 5 et 6 avril. Puis dans une moindre mesure le week-end du 13 avril (-2°). Encore 10/15 % de récolte envolée.
La floraison portera l’estocade finale de ce millésime en matière de rendements.
La météo défavorable produira de tous petits raisins. Sans jus.
Les périodes de canicules et de sécheresse ont permis tantôt une belle maturation, tantôt inégale voire insuffisante mais toujours avec un état sanitaire irréprochable.

Les blancs sont très concentrés, parfumés et puissants. Les raisins très mûrs ont donné des vins de haute volée qui vieilliront longtemps.

Les rouges, plus inégaux, réussissent à être splendides, eux aussi. Robe, parfums, rondeur des tannins, texture harmonieuse et longueur en bouche sont parfois au rendez-vous. Mais il faudra choisir des adresses fiables pour tomber sur ces vins-là.

Certains vous vendront le millésime en « 9 », soi-disant toujours prestigieux.
D’autres vous diront plus simplement que produire tous les ans des vins de ce niveau nous ravirait. Il y aura effectivement des vins d’anthologie mais il faudra les chercher.
Je suis dans la deuxième catégorie.

Dur, dur pour les volumes.
Très réconfortant grâce à la qualité.

MILLESIME 2018 : « L’improbable »

Le secret des rouges est dans les rendements. Faibles, ils ont donné couleur, densité, puissance et pureté dans des vins de très longue garde.
Je suis prêt à parier que je ne reverrai jamais cela.

Pour ceux qui ont des enfants de 2018, c’est le millésime idéal pour faire le plein d’émotion et de
souvenirs…

Les blancs sont équilibrés, parfumés, envoûtants… chez certains.
J’aime énormément. Et cela me réjouit !

2017

Les blancs frôlent la perfection. Elégance, raffinement, finesse… Ils ont tout pour eux.

Les rouges sont à deux vitesses. Petits rendements = grande qualité.

Charge importante… Passez votre route et regardez vers 2016. Ils ont tout pour eux. Suivez l’exemple… Buvez-les !

2016

Des blancs d’une grande pureté, parfois stricts. Ce qui laisse augurer d’un bon vieillissement. Ils sont concentrés, rares (en raison du gel dévastateur) et d’une grande fraîcheur.

Les rouges sont… Noirs. D’une grande puissance aromatique, ils sont riches et d’un magnifique potentiel.

2015

Un modèle de pureté, de richesse et de race dans les rouges. Un millésime rare au magnifique potentiel de vieillissement.

Des blancs généreux, parfumés et voluptueux. Ils vieilliront bien également (10 ans au moins)

2014

Les rouges sont colorés et fruités. Nos vins sont moins acides que la moyenne. Ils sont promis à une belle garde.

Les blancs sont de grande classe. Un millésime typiquement Bourguignon (minéral et frais). Ils vieilliront certainement très bien.

2013

Les rouges sont très agréables mais moins denses que les 2014. Un millésime dans la bonne moyenne.

Les blancs sont intéressants. Du fruit, de la rondeur. De quoi prendre beaucoup de plaisir.

2012

Les rendements furent catastrophiquement bas (-30 à -80 % d’une récolte normale).

Les rouges sont très riches avec un beau fruit et beaucoup de velouté. Un millésime armé pour vieillir. Les blancs sont somptueux de classe, de pureté et de qualité de fruit. Un millésime qui marquera les esprits.

2011

Un millésime classique ou les bons vins peuvent être excellent mais il faut « trier ».

Les rouges sont plutôt faciles (ce n’est pas un défaut). Ils commencent à être très agréables. Les blancs sont très plaisants. Un millésime qui ne restera pas dans les annales mais qui ne décevra pas.

2010

La grande classe en blanc comme en rouge.

Dans les deux couleurs, les vins ont une « tension » toute Bourguignonne. Ils sont très purs, aériens et ne craindront pas d’être oubliés pendant des années. A classer dans les grandes années.

2009

Le plaisir par excellence.

Malgré les rendements élevés, les vins, issus de raisins très mûrs, sont généreux, opulents et adaptés à tous les palais. La gourmandise est un qualificatif qui leur va bien.

2008

L’acidité des rouges et leur dureté a rendu les vins « douloureux » à boire dans les premières années. On commence à se faire plaisir.

Pour les blancs, c’est tout l’inverse. Malgré la fermeté de leur jeunesse, les vins étaient déjà savoureux. Aujourd’hui, ils sont… resplendissants.

2007

Il y en a qui aiment. Moi pas !

A part quelques exceptions, c’est un millésime « flotteux », pas mûr et sans caractère.

2006

Les rouges croulaient sous la pourriture. Mais après un bon tri, les vins sont aujourd’hui très agréables à boire. Bien que sans génie, le plaisir est garanti.

Pour les blancs, c’est un millésime que j’aime beaucoup. Il a été annoncé « lourd » mais le temps a fait son œuvre. On se régale en ce moment.